18 avril 2007
George Eliot ne lisait jamais les critiques, car ce qu'on disait de ses romans l'empêchait d'écrire. Je commence à comprendre son attitude.
(V. Wolf, Journal, 5 décembre 1919)
Moi aussi, j'ai toujours compris cette attitude et lundi 17 avril, dernier jour de mon week-end à Hampstead (merci à Ketty et à son spritz à l'Aperol!), j'ai fait mon pèlerinage jusqu'au cimetière de Highgate, où j'ai d'abord rendu hommage à la grande femme, avant de m'approcher du tombeau à la grande tête (Karl Marx).
Je ferai néanmoins une exception, concernant la lecture des critiques, car il en existe parfois des miraculeuses qui visent au coeur même d'une écriture; c'est le cas de cette chronique de Bleu catacombes au titre pour moi magique: "NATURES MORTES":
Dense et singulier, ce roman au long duquel le temps enlace ralentis irréels, effervescence et urgence étourdit par l'insupportable normalité au coeur de l'oeil du cyclone de la démesure. Investies de la mission de Judith, de la magie de Circé ou par la folie d'une Ménade, les femmes se font face, s'évaluant sur un changement d'habitude, une intonation ou un tee-shirt passé à l'envers dont l'étiquette entrevue reflète une personnalité réversible, au-delà de l'apparence. (...)
De la disposition des corps décapités à la présentation théâtrale des têtes où l'ordonnance artistiques des ingrédients d'un repas sur un plan de travail, l'auteur agence ces natures mortes comme ses sujets inanimés, âmes perdues se condamnant à ne plus être aimées.
(Anne-Marie Ducorney, "Natures mortes", La Gazette Nord-Pas de Calais, 12 avril 2007)
08 mars 2007
PARIS 20e, Librairie LE MERLE MOQUEUR
51 rue de Bagnolet, 01 40 09 08 80
Rencontre avec les lecteurs à l'occasion de la sortie de BLEU CATACOMBES
Le Merle Moqueur
-VENDREDI 23 MARS 2007 à 17 heures
PARIS, Salon du Livre 2007
stand LE PASSAGE: séance de dédicaces
Salon du Livre
-MARDI 27 MARS 2007 à 11 heures
PARIS, Salon du Livre 2007
ESPACE VIRGIN MEGASTORE
"Tous les plaisirs du monde ou comment les écrivains étrangers sont selon leur culture : gourmets, libertins, économes, audacieux..."
Table ronde animée par Catherine FRUCHON-TOUSSAINT avec
l’Indienne Abha DAWESAR (Bayiji, Héloïse d’Ormesson),
l’Anglais Mark CRICK (La Soupe de Kafka, Flammarion),
l’Espagnol José-Manuel FAJARDO (L’Eau à la bouche, Métailié),
l’Argentine Elsa OSORIO (Tango, Métailié) et
l’Italienne Gilda PIERSANTI (Bleu catacombes, LE PASSAGE)
Salon du Livre débats
-JEUDI 29 MARS 2007 à 21 : 30 et
DIMANCHE 1er AVRIL 2007 à 10 :00
France 5, émission « Le Bateau livre »
Le Bateau Livre
-SAMEDI 31 MARS-DIMANCHE 1er AVRIL 2007
LENS, SALON DU LIVRE POLICIER
Lens 2007
-MARDI 3 AVRIL 2007 à 9 :30
Radio F.P.P. (Fréquence Paris Plurielle) 106.3
émission « Le Lire et le Dire »
F.P.P.
-JEUDI 19 AVRIL 2007
THIONVILLE
Rencontre avec les lycéens du Lycée La Briquerie autour de l'écriture et du roman policier
-DIMANCHE 6 MAI à 10:30
Radio ALIGRE 93.1 FM
(émission "L'Italie en direct")
-SAMEDI 12 MAI
CLUNY, Maison de la Presse
Rencontre autour de Bleu catacombes
-LUNDI 21 MAI 2007
PARIS 11e, restaurant CANDIDE
6, avenue Parmentier, M° Voltaire/Léon Blum
Tél. 01 43 79 11 75
« MILLE-FEUILLES », soirée littéraire avec
Thierry JONQUET, Dominique MANOTTI et Gilda PIERSANTI
Mille-feuilles
-VENDREDI 8-DIMANCHE 10 JUIN 2007
METZ, L'ETE DU LIVRE, 20ème édition
L'Eté du livre
-LUNDI 25 JUIN 2007
PARIS 13e, Mairie du 13e
Café littéraire animé par Jacqueline Zana-Victor sur
"LE POLAR ITALIEN"
avec Serge ALAJMO, Gilda PIERSANTI et Serge QUADRUPPANI
-SAMEDI 29-DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2007
MARSEILLE, LES TERRASSES DU POLAR
-SAMEDI 6-DIMANCHE 7 OCTOBRE 2007
VILLENEUVE-LES-AVIGNON
3ème FESTIVAL DU POLAR MEDITERRANEEN
07 mars 2007
Encore sur Bleu catacombes : mots (somptueux) de lecteurs (éclairés) :
Ce livre est un vrai chef-d’œuvre d’imagination et de construction. Je m’interroge sur la manière dont on peut échafauder autant d’idées et d’événements en une structure aussi cohérente. Les lieux et les personnes sont décrits avec une verve, une sensualité incroyablement fortes. C’est renversant. Le polar s’accompagne de roman psychologique, voire aussi d’une fresque quasi épique. Le lecteur s’engouffre dans le récit, avec avidité, comme on plonge dans les catacombes et l’inconscient de la ville.
G. B. Lausanne (Suisse)
Les meilleurs polars sont toujours ceux qui jouent avec désinvolture des codes du genre… pour mieux nous plonger dans l’univers parallèle de la déviance. Ce beau roman que vous nous donnez à lire fait semblant de commencer en nous livrant la clef… mais il faudra attendre la fin pour que le lecteur sache qu’il s’est pris les pieds dans sa traîne… Là où l’on croyait flairer le « gore » et le quasi lubrique on découvre la pureté perverse, la fusion qui dévore. Un bon polar est aussi le lieu où l’on parle de la ville, la ville qui demeure toujours à dévoiler, à retrouver, à reconnaître. Le roman policier est le roman du 20e siècle par excellence, justement en ce qu’il décode la vie urbaine. Et là, dans Rome, ô magie, on mêle la ville contemporaine, dangereuse, secrète, chatoyante, et la trace de ce que fut Rome. Ville antique, préfiguration d’une ville moderne. Et ce faisant, on peut mêler tragédie et roman noir. Car toujours, chez vous, il s’agit de montrer que la nature humaine ne change pas, et que seuls ses avatars tromperaient un traducteur peu attentif de notre monde. Noirceur de l’âme, noirceur du monde, villes complexes et barbares ; et toujours pourtant, comme au détour, la pureté de l’innocence bafouée. Mais le monde pour vous demeure sans rédemption. Continuez à nous en donner le spectacle. De cette souffrance nous faisons notre miel de lecteur.
M. F. Paris
L’intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier, écrivait Malraux à propos de Faulkner. Vous avez inventé une nouvelle figure : l’intrusion de la tragédie « biblique ». Pour les Grecs, vous aviez donné ! Comme vous êtes Romaine (faudrait-il dire « Romanissima »), vous ne sauriez vous contenter de l’Ancien testament, comme le faisait tout justement Faulkner. La passion, bien sûr, « ίχϑύς », et même un aquarium, pour faire bonne mesure ! Les catacombes, les bonnes sœurs, toute la sainte quincaillerie apostolique et… romaine : on s’en repaît, on s’en délecte…
J. F. Paris
Merci pour ces heures de lecture, de voyage immobile en Italie et dans le coeur tourmenté des humains. J'aime beaucoup votre Mariella amoureuse et en même temps si touchante dans sa fragilité. C'est une agréable aventure de retrouver ainsi, au fil des années, un peu plus qu'un personnage -une personne qu'on connaît un peu, à la fois la même et avec son évolution propre, qui s'est tissée alors que nous ne la fréquentions pas, et aussi ces petits pans d'elle-même qu'elle veut bien dévoiler.
M. C. St Gratien
J'ai refermé Bleu catacombes avec un sourire, car partageant l'avis du commissaire : c'est un bonheur de rencontrer De Luca...
J'ai lu cette troisième saison, très féminine, avec beaucoup de plaisir. C'était un voyage en Italie où j'ai retrouvé des lieux connus : l'appartement de Mariella avec sa terrasse et sa vue, et découvert d'autres comme Sabaudia, village qui a quelque chose d'irréel.
J'ai en tout cas très envie d'aller à Rome.
Au fil des saisons, on découvre Mariella, son passé, elle est l'autre énigme qui me passionne.
E. B. Paris
Il faut du très haut niveau pour me faire parvenir à ce que les personnages me tiennent compagnie comme aux temps insouciants.
Ce qui m'a profondément plu :
- Certaines observations sont formidables, et dites avec les mots justes, de petites touches très précises, hop, sans encombrer. Sur la vie, les gens, la musique, le tourisme, l'amour, la mort ...
Quand je suis amoureuse et que ça semble partagé, je pense toujours comme
- La fin de vie du père biologique de Mariella. Tellement, tellement ça... Comment ça se passe et ce qu'elle ressent ;
- Les soucis de Mariella à partager harmonieusement sa vie professionnelle et sa vie privée. Comme elles s'entremêlent bien malgré elle. Comme elle se sent coupable à chaque fois ...
- Le cauchemar de Mariella avec la voiture qui s'éloigne de Venise au lieu d'en approcher. Extrêmement bien rendu. A faire froid dans le dos. Chapeau ;
- La musique, encore et toujours. En plus que ça m'est déjà arrivé à moi aussi d'être influencée par un air que j'entendais au même moment dans ma réponse à un message.
- Le sens de la hiérarchie de Sylvia (ou plutôt l'absence de) ;
- La gardienne des catacombes. Cette scène où elle offre à manger à Mariella est de tout le livre celle qui m'a le plus émue. Ça fait tellement de bien de rencontrer ainsi des gens intelligents sans que nécessairement ils exercent une profession de haut niveau managérial ou financier, humains, qui tentent d'aider, ne savent pas trop s'ils ont ou non bien fait. Et en plus cuisinent bien.
Un bon paquet de phrases me sont restées. C'est un signe qui ne trompe pas.
Et puis aussi, quand c'était fini j'ai pensé « Déjà ». Ça aussi ça ne trompe pas.
G. F. Clichy
Je voulais vous faire part du grand plaisir que j'avais eu à lire votre roman.
Je l'ai trouvé vraiment très bien écrit et très habile, parvenant à manier le tragique, l'humour, le mythe, le suspense. La scène d'ouverture dans cette belle nuit romaine et les poissons dans
l'aquarium continuent à vous hanter pendant longtemps.
Ce que j'ai le plus apprécié est la réelle densité des personnages avec leur histoire
passée qui leur donne chair. Chacun est complexe et donc profondément
humain. Peut-être que Paolo apparaît un peu falot à côté des autres
personnages, mais au moins est-il beau, et vénitien qui plus est, aussi
beaucoup lui sera-t-il pardonné!
Bravo! Bleu catacombes m'a donné envie de lire les deux premières
saisons.
C. B. Paris
30 janvier 2007
A l'occasion de la présentation de BLEU CATACOMBES aux Cahiers de Colette, le 26 janvier 2007,
plusieurs lecteurs et amis m'ont demandé la recette du gâteau au chocolat.
GATEAU AU CHOCOLAT
200 g de chocolat noir à croquer
125 g de beurre
3 œufs entiers
150 g de sucre
50 g de farine
une noix de beurre et du sucre cristallisé pour le moule
*Faire fondre le chocolat au bain-marie (mettre le chocolat dans une petite casserole avec une cuillère d'eau, puis mettre la petite casserole dans une plus grande remplie d'eau et tourner sans s'arrêter) ou, au micro-ondes, dans une coupelle avec un peu d'eau pendant une à deux minutes.
*Faire fondre le beurre à feu très doux.
*Préchauffer le four (thermostat 6).
*Dans un saladier, mélanger dans l'ordre les œufs entiers, le sucre, puis la farine.
*Battre vigoureusement au fouet pendant 5 mn (c'est ce que dit la recette, car la crampe arrive au bout d'une minute).
*Ajouter le chocolat, puis le beurre liquide et battre encore 5 mn.
*Beurrer et sucrer les parois d'un moule d'environ 3 cm de hauteur.
*Verser la préparation et cuire au four (à feu moyen, donc) pendant 20 mn maximum.
*Démouler et mettre au réfrigérateur.
Comme tout gâteau au chocolat, celui-ci est meilleur un, et même deux jours après sa préparation, ce qui veut dire qu'il est encore bon plusieurs jours après avoir été entamé. Il n'est donc pas nécessaire de risquer la crise de foie en le finissant le premier soir.
GLACAGE (facultatif, parce qu'excessif)
150 g de sucre glace
2 sachets de sucre vanillé
200 g de crème épaisse
2 ou 3 cuillères de cacao amer
un peu de cannelle
*Faire fondre le chocolat au bain-marie (voir supra).
*Ajouter le sucre glace, le sucre vanillé et la crème.
*Amener doucement à ébullition et maintenir 5 minutes.
*Obtenir un mélange épais auquel il faudra ajouter le cacao amer et la cannelle.
* Laisser tiédir.
* Placer le gâteau sur une grille ronde, verser le glaçage au centre et égaliser avec une spatule.
*Mettre le gâteau au réfrigérateur et le sortir une heure avant de le servir.
08 janvier 2007
VENDREDI 26 janvier 2007 à 18 h30
Paris 4e, librairie LES CAHIERS DE COLETTE
23-25 rue Rambuteau, 01 42 72 95 06, M° Rambuteau
Les Cahiers de Colette
Rencontre avec les lecteurs à l'occasion de la sortie de
BLEU CATACOMBES,
qui sera présenté par Adrien Goetz
SAMEDI 10 mars 2007 à 18 heures
Paris, librairie LE MERLE MOQUEUR
51, rue de Bagnolet, 01 40 09 08 80
Le Merle Moqueur
Rencontre avec les lecteurs à l'occasion de la sortie de
BLEU CATACOMBES
13 décembre 2006
10 octobre 2006
Lucia di Lammermoor (Donizetti, 1835)
la voix de Nathalie Dessay.
Je ne l'avais jamais vue sur scène, jamais entendue dal vivo, j'étais bouleversée.
Quand elle chantait, le livret (mince) disparaissait;
il n'existait plus que cette voix qui vous tient dans la joie de vivre jusqu'au bout du drame.
La salle était en folie, on se serait cru à un concert rock, c'était merveilleux.
27 septembre 2006
*SAMEDI 30 septembre-DIMANCHE 1er octobre 2006
VILLENEUVE LEZ AVIGNON, Festival du polar méditerranéen
Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon
Conférence-rencontre le
SAMEDI 30 septembre 2006 à 14:30
avec Luca CROVI e
Gilda PIERSANTI.
*MARDI 10 octobre 2006 à 19:30
PARIS, ADAC, 11 place Nationale, 75013
Toutes les enquêtes mènent au polar!
avec le journaliste-enquêteur Marc FERNANDEZ et
les écrivains Dominique MANOTTI
Gilda PIERSANTI
Romain SLOCOMBE et
Alexis LECAYE ("Julie Lescaut").
Débat animé par Clémentine THIEBAULT et
Hervé DELOUCHE (Association 813)
*20-22 OCTOBRE 2006
SAINT-ETIENNE, Fête du Livre de Saint-Etienne,
Débat le dimanche 22 octobre 14:00 (sous le chapiteau) :
Ce qu'elles espèrent, tentent, font, vivent...
avec Danièle FLAUMENBAUM,
Fernande GONTIER,
Denis GROZDANOVITCH
Gabrielle HOUBRE
Gilda PIERSANTI
*16-19 NOVEMBRE 2006
COGNAC, Salon des littératures européennes, 19e édition
-Débat le vendredi 17 novembre 17:00 (Auditorium)
Les Mythes dans les romans, revus et corrigés
avec Fabrice LARDREAU, Contretemps, Paris, Flammarion et
Gilda PIERSANTI, Médées, Paris, Le Passage
modérateur: Laure PÊCHER (Les Classiques du Monde)
-samedi 18 novembre 15:30
Café littéraire animé par Catherine Fruchon
*SAMEDI 2 décembre-DIMANCHE 3 décembre 2006
MONTIGNY-les-CORMEILLES, Salon du Polar
*SAMEDI 1er-DIMANCHE 2 avril 2007
LENS, Salon du roman policier
Un deuil peut rendre muet.
Parfois quelqu'un parle à notre place:
La mort viendra nous mettre au repos, nous enlever des mains la tâche à laquelle nous nous attelions ; mais elle ne peut faire rien d’autre que nous interrompre ainsi, et nous ne pouvons faire rien d’autre que nous laisser interrompre car elle ne peut, en aucun cas, nous cueillir dans une stupide oisiveté.
(Benedetto Croce, Terze pagine sparse, 1955)
27 mai 2006
-SAMEDI 10 juin 2006, 16:30
SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES,
5ème rencontre du Club des lecteurs/Les Médiathèques
Médiathèque Jean Rousselot de Guyancourt
12 place Pierre Bérégovoy, 78280 Guyancourt
Renseignements et réservation au 01 39300850
LE POLAR MEDITERRANEEN: Véritable Ecole ou Meurtres au Soleil? avec
Maurice Gouiran, Gilda Piersanti, auteurs de romans policiers et Anne-Charlotte Sangam, auteure d’une étude sur Jean-Claude Izzo et Manuel Vasquez Montalban
Cédric Bru, modérateur (www.lesobsedestextuels.com)
-16-18 JUIN 2006
METZ, L'Eté du Livre, 19e édition (www.etedulivre.com)
-16-19 NOVEMBRE 2006
COGNAC, Salon des littératures européennes, 19e édition (www.litterature-europeenne.com)
23 mai 2006
Jeudi dernier, 18 mai, j’ai vu aux Trois Luxembourg le très émouvant film
Nurith Aviv, MISAFA LESAFA («D’une langue à l’autre»)
suivi du très émouvant témoignage de Aldo Naouri, qui ouvrait le débat.
Neuf personnes, poètes, écrivains, artistes, rendaient compte de leur condition
d’«entre-deux-langues» : l’hébreu, qu’ils avaient appris, et leur langue maternelle.
Cette condition, qui n’est pas nécessairement déchirante, est souvent «déviante» dans le sens étymologique du mot : «qui fait sortir de la voie».
Cette force «déviante» de la langue non-maternelle, je la tiens pour foncièrement créatrice car elle nous restitue la langue comme «quelque chose qui ne va pas de soi».
Je vois dans cette condition les prémisses mêmes de l’acte littéraire.
On me demande souvent, ainsi qu’il doit arriver à tous ceux qui «pratiquent» dans deux, voire plusieurs langues :
«Dans quelle langue rêvez-vous ?».
J’ai envie de répondre :
«Dans la langue des rêves.»
04 mai 2006
Dans la quatrième de couverture du livre de Peter Handke, Le Chinois de la douleur, je lis :
«Le livre montre cela : la vie, les choses après la révélation de l’imperceptible différence.»
A l’intérieur du livre, je trouve des lignes soulignées, traces d’une lecture ancienne :
Peut-être est-ce cela qui a conduit à la séparation ? Souvent, mon problème, c’est de ne pas arriver à poser des questions. Or, je ne suis fait que de questions.
(Peter Handke, Der Chinese des Schmerzes, Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1983, éd. fr. Le Chinois de la douleur, Gallimard, 1986, p. 24)
La Comédie française a décidé de retirer la pièce de P. Handke, Voyage au pays sonore ou l’Art de la question de sa programmation 2006-2007 car l’écrivain s’est rendu aux obsèques de Slobodan Milosevic.
Le prix Nobel de littérature, Elfriede Jelinek a déclaré :
Je suis horrifiée que la Comédie-Française fonctionne aujourd’hui comme une autorité de censure et retire de son programme une pièce de Peter Handke pour ôter à l’écrivain, à cause de ses positions proserbes, toute « visibilité publique ». (…) Quiconque empêche un artiste d’exercer son métier (et de présenter ses œuvres au public) commet un crime non seulement contre ce poète mais contre le public tout entier. Un procédé de ce genre est le moins approprié qui soit pour rendre justice aux victimes du régime de Milosevic.
http://www.liberation.com/page.php?Article=379103
Une phrase lumineuse de Rosa Luxemburg me revient :
La liberté de penser est avant tout la liberté de ceux qui ne pensent pas comme nous.
02 mai 2006
Dans sa préface au Docteur Jivago, Eugenio Montale écrit qu’il s’agit d’ :
Un poème dans lequel les personnages refusent le relief du grand roman naturaliste pour se montrer tels qu’ils sont : des feuilles mortes emportées dans le tourbillon par le souffle d’une grande tempête.
(Boris Pasternak, Il Dottor Zivago, Torino, Einaudi, 1967, p. VIII)
28 avril 2006
Je partage avec l’écrivain italien Sandro Veronesi un certain goût pour RADIOHEAD (www.radiohead.com, www.nepasavaler.net) et un goût certain pour PASOLINI.
Je suis tombée sur son roman, La Forza del passato, qu’un ami de lycée (je garde de solides liens d’affection avec deux poignées d’amis de lycée) m’avait offert, il y a quelques années.
J’ai commencé à le feuilleter, j’ai parcouru des lignes, des pages, finalement j’ai tout relu.
C'est un tissu de tendresse et d’humour, mais délicatement modeste:
J’étais encore en train de recharger mon destin –car, après tout, c’est de cela qu’il s’agissait- que déjà je recommençais aussi à le vivre, et à y penser, comme Pinocchio qui commence à s’enfuir avant même d’être terminé.
(Sandro Veronesi, La Forza del passato, 2000 ; éd. fr. La Force du passé, Plon, 2002)
26 avril 2006
Je reviens parfois sur certains passages, dans certains livres, plusieurs fois par an :
O combien fondamental pour nous de se mettre en scène dans le futur, avec des mots.
Sans jamais douter qu’on vivra assez longtemps pour les prononcer.
Sans jamais douter qu’on racontera notre histoire.
(Joyce Carol Oates, Black Water, 1992; éd. fr. Reflets en eau trouble, Actes Sud, 1993, p. 83)
11 avril 2006
(opéra en deux actes et sept tableaux de Kaija Saariaho, direction Esa-Pekka Salonen, mise en scène Peter Sellars).
La compositrice déclare :
(Télérama, 29 mars 2006)
Je pense à mes deux Médées...
10 mars 2006
28 février 2006
-MERCREDI 8 MARS 2006 à 14 heures
PARIS, Fréquence protestante 100.7 FM , émission "Dans le vent" (sur Médées)
-SAMEDI 18 MARS 2006 à 15 heures
PARIS, Salon du Livre, Porte de Versailles, Hall 1
-MERCREDI 22 MARS 2006 à 20 heures
PARIS, rencontre littéraire organisée par
LES OBSEDES TEXTUELS (www.lesobsedestextuels.com)
sur le thème "Actualité du polar: du thriller au roman noir"
Hôtel LENOX Montparnasse, 15 rue Delambre 75014
-SAMEDI 25 MARS 2006 à 15 heures
SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES, Montigny-le-Bretonneux,
Librairie LE PAVE' DU CANAL (www.pave.fr), signature de Médées
-SAMEDI 8 et DIMANCHE 9 AVRIL 2006
LENS, Salon du Livre policier

