07 mars 2007

Encore sur Bleu catacombes : mots (somptueux) de lecteurs (éclairés) :

Ce livre est un vrai chef-d’œuvre d’imagination et de construction. Je m’interroge sur la manière dont on peut échafauder autant d’idées et d’événements en une structure aussi cohérente. Les lieux et les personnes sont décrits avec une verve, une sensualité incroyablement fortes. C’est renversant. Le polar s’accompagne de roman psychologique, voire aussi d’une fresque quasi épique. Le lecteur s’engouffre dans le récit, avec avidité, comme on plonge dans les catacombes et l’inconscient de la ville.
G. B. Lausanne (Suisse)

Les meilleurs polars sont toujours ceux qui jouent avec désinvolture des codes du genre… pour mieux nous plonger dans l’univers parallèle de la déviance. Ce beau roman que vous nous donnez à lire fait semblant de commencer en nous livrant la clef… mais il faudra attendre la fin pour que le lecteur sache qu’il s’est pris les pieds dans sa traîne… Là où l’on croyait flairer le « gore » et le quasi lubrique on découvre la pureté perverse, la fusion qui dévore. Un bon polar est aussi le lieu où l’on parle de la ville, la ville qui demeure toujours à dévoiler, à retrouver, à reconnaître. Le roman policier est le roman du 20e siècle par excellence, justement en ce qu’il décode la vie urbaine. Et là, dans Rome, ô magie, on mêle la ville contemporaine, dangereuse, secrète, chatoyante, et la trace de ce que fut Rome. Ville antique, préfiguration d’une ville moderne. Et ce faisant, on peut mêler tragédie et roman noir. Car toujours, chez vous, il s’agit de montrer que la nature humaine ne change pas, et que seuls ses avatars tromperaient un traducteur peu attentif de notre monde. Noirceur de l’âme, noirceur du monde, villes complexes et barbares ; et toujours pourtant, comme au détour, la pureté de l’innocence bafouée. Mais le monde pour vous demeure sans rédemption. Continuez à nous en donner le spectacle. De cette souffrance nous faisons notre miel de lecteur.
M. F. Paris

L’intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier, écrivait Malraux à propos de Faulkner. Vous avez inventé une nouvelle figure : l’intrusion de la tragédie « biblique ». Pour les Grecs, vous aviez donné ! Comme vous êtes Romaine (faudrait-il dire « Romanissima »), vous ne sauriez vous contenter de l’Ancien testament, comme le faisait tout justement Faulkner. La passion, bien sûr, « ίχϑύς », et même un aquarium, pour faire bonne mesure ! Les catacombes, les bonnes sœurs, toute la sainte quincaillerie apostolique et… romaine : on s’en repaît, on s’en délecte…
J. F. Paris

Merci pour ces heures de lecture, de voyage immobile en Italie et dans le coeur tourmenté des humains. J'aime beaucoup votre Mariella amoureuse et en même temps si touchante dans sa fragilité. C'est une agréable aventure de retrouver ainsi, au fil des années, un peu plus qu'un personnage -une personne qu'on connaît un peu, à la fois la même et avec son évolution propre, qui s'est tissée alors que nous ne la fréquentions pas, et aussi ces petits pans d'elle-même qu'elle veut bien dévoiler.
M. C. St Gratien

J'ai refermé Bleu catacombes avec un sourire, car partageant l'avis du commissaire : c'est un bonheur de rencontrer De Luca...
J'ai lu cette troisième saison, très féminine, avec beaucoup de plaisir. C'était un voyage en Italie où j'ai retrouvé des lieux connus : l'appartement de Mariella avec sa terrasse et sa vue, et découvert d'autres comme Sabaudia, village qui a quelque chose d'irréel.
J'ai en tout cas très envie d'aller à Rome.
Au fil des saisons, on découvre Mariella, son passé, elle est l'autre énigme qui me passionne.
E. B. Paris


Il faut du très haut niveau pour me faire parvenir à ce que les personnages me tiennent compagnie comme aux temps insouciants.
Ce qui m'a profondément plu :

- Certaines observations sont formidables, et dites avec
les mots justes, de petites touches très précises, hop, sans encombrer. Sur la vie, les gens, la musique, le tourisme, l'amour, la mort ...

- Les doutes de Mariella sur la durée de l'amour de Paolo pour elle.
Quand je suis amoureuse et que ça semble partagé, je pense toujours comme
ça. C'est pas possible, c'est trop beau pour moi, il doit y avoir erreur sur la personne, ça va pas durer ...
- La fin de vie du père biologique de Mariella. Tellement, tellement ça... Comment ça se passe et ce qu'elle ressent ;

- Les soucis de Mariella à partager harmonieusement sa vie professionnelle et sa vie privée. Comme elles s'entremêlent bien malgré elle. Comme elle se sent coupable à chaque fois ...
- Le cauchemar de Mariella avec la voiture qui s'éloigne de Venise
au lieu d'en approcher. Extrêmement bien rendu. A faire froid dans le dos. Chapeau ;
- La musique, encore et toujours. En plus que ça m'est déjà arrivé
à moi aussi d'être influencée par un air que j'entendais au même moment dans ma réponse à un message.
- Le sens de la hiérarchie de Sylvia (ou plutôt l'absence de) ;

- La gardienne des catacombes. Cette scène où elle offre à manger à
Mariella est de tout le livre celle qui m'a le plus émue. Ça fait tellement de bien de rencontrer ainsi des gens intelligents sans que nécessairement ils exercent une profession de haut niveau managérial ou financier, humains, qui tentent d'aider, ne savent pas trop s'ils ont ou non bien fait. Et en plus cuisinent bien.
Un bon paquet de phrases me sont restées. C'est un signe qui ne trompe pas.

Et puis aussi, quand c'était fini j'ai pensé « Déjà ». Ça aussi ça ne trompe
pas.
G. F. Clichy

Je voulais vous faire part du grand plaisir que j'avais eu à lire votre roman.
Je l'ai trouvé vraiment très bien écrit et très habile,
parvenant à manier le tragique, l'humour, le mythe, le suspense. La scène d'ouverture dans cette belle nuit romaine et les poissons dans
l'aquarium continuent à vous hanter pendant longtemps.
Ce que j'ai le
plus apprécié est la réelle densité des personnages avec leur histoire
passée qui leur donne chair. Chacun est complexe et donc profondément
humain. Peut-être que Paolo apparaît un peu falot à côté des autres
personnages, mais au moins est-il beau, et vénitien qui plus est, aussi
beaucoup lui sera-t-il pardonné!
Bravo! Bleu catacombes m'a donné envie de lire les deux premières
saisons.
C. B. Paris









11 février 2007

Bleu catacombes

BLEU CATACOMBES
est nominé pour le
PRIX POLAR SNCF 2007

Sélection du printemps

PRIX POLAR SNCF 2007

30 janvier 2007


A l'occasion de la présentation de BLEU CATACOMBES aux Cahiers de Colette, le 26 janvier 2007,

plusieurs lecteurs et amis m'ont demandé la recette du gâteau au chocolat.

GATEAU AU CHOCOLAT (à préparer au moins 24 h à l'avance)

200 g de chocolat noir à croquer

125 g de beurre

3 œufs entiers

150 g de sucre

50 g de farine

une noix de beurre et du sucre cristallisé pour le moule

*Faire fondre le chocolat au bain-marie (mettre le chocolat dans une petite casserole avec une cuillère d'eau, puis mettre la petite casserole dans une plus grande remplie d'eau et tourner sans s'arrêter) ou, au micro-ondes, dans une coupelle avec un peu d'eau pendant une à deux minutes.
*Faire fondre le beurre à feu très doux.
*Préchauffer le four (thermostat 6).
*Dans un saladier, mélanger dans l'ordre les œufs entiers, le sucre, puis la farine.
*Battre vigoureusement au fouet pendant 5 mn (c'est ce que dit la recette, car la crampe arrive au bout d'une minute).
*Ajouter le chocolat, puis le beurre liquide et battre encore 5 mn.
*Beurrer et sucrer les parois d'un moule d'environ 3 cm de hauteur.
*Verser la préparation et cuire au four (à feu moyen, donc) pendant 20 mn maximum.
*Démouler et mettre au réfrigérateur.

Comme tout gâteau au chocolat, celui-ci est meilleur un, et même deux jours après sa préparation, ce qui veut dire qu'il est encore bon plusieurs jours après avoir été entamé. Il n'est donc pas nécessaire de risquer la crise de foie en le finissant le premier soir.

GLACAGE (facultatif, parce qu'excessif)

200 g de chocolat à croquer

150 g de sucre glace

2 sachets de sucre vanillé

200 g de crème épaisse

2 ou 3 cuillères de cacao amer

un peu de cannelle

*Faire fondre le chocolat au bain-marie (voir supra).

*Ajouter le sucre glace, le sucre vanillé et la crème.

*Amener doucement à ébullition et maintenir 5 minutes.

*Obtenir un mélange épais auquel il faudra ajouter le cacao amer et la cannelle.

* Laisser tiédir.

* Placer le gâteau sur une grille ronde, verser le glaçage au centre et égaliser avec une spatule.

*Mettre le gâteau au réfrigérateur et le sortir une heure avant de le servir.


08 janvier 2007

en librairie le 4 janvier 2007 !


MES RENDEZ-VOUS AVEC LES LECTEURS

VENDREDI 26 janvier 2007 à 18 h30
Paris 4e, librairie LES CAHIERS DE COLETTE
23-25 rue Rambuteau, 01 42 72 95 06, M° Rambuteau
Les Cahiers de Colette
Rencontre avec les lecteurs à l'occasion de la sortie de
BLEU CATACOMBES,

qui sera présenté par Adrien Goetz


SAMEDI 10 mars 2007 à 18 heures
Paris, librairie LE MERLE MOQUEUR
51, rue de Bagnolet, 01 40 09 08 80
Le Merle Moqueur
Rencontre avec les lecteurs à l'occasion de la sortie de
BLEU CATACOMBES



13 décembre 2006

Thom Yorke (Radiohead) au piano sur le site
www. fromthebasement.co.uk
voir aussi le site:
www.theeraser.net

10 octobre 2006

Hier soir, à l'Opéra Bastille,
Lucia di Lammermoor (Donizetti, 1835)
la voix de Nathalie Dessay.
Je ne l'avais jamais vue sur scène, jamais entendue dal vivo, j'étais bouleversée.
Quand elle chantait, le livret (mince) disparaissait;
il n'existait plus que cette voix qui vous tient dans la joie de vivre jusqu'au bout du drame.
La salle était en folie, on se serait cru à un concert rock, c'était merveilleux.

27 septembre 2006

MES RENDEZ-VOUS AVEC LES LECTEURS

*SAMEDI 30 septembre-DIMANCHE 1er octobre 2006
VILLENEUVE LEZ AVIGNON, Festival du polar méditerranéen
Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon
Conférence-rencontre le
SAMEDI 30 septembre 2006 à 14:30
avec Luca CROVI e
Gilda PIERSANTI.

*MARDI 10 octobre 2006 à 19:30
PARIS, ADAC, 11 place Nationale, 75013
Toutes les enquêtes mènent au polar!

avec le journaliste-enquêteur Marc FERNANDEZ et
les écrivains Dominique MANOTTI
Gilda PIERSANTI
Romain SLOCOMBE et
Alexis LECAYE ("Julie Lescaut").

Débat animé par Clémentine THIEBAULT et
Hervé DELOUCHE
(Association 813)

*20-22 OCTOBRE 2006
SAINT-ETIENNE, Fête du Livre de Saint-Etienne,
Débat le dimanche 22 octobre 14:00 (sous le chapiteau) :
Ce qu'elles espèrent, tentent, font, vivent...
avec Danièle FLAUMENBAUM,
Fernande GONTIER,
Denis GROZDANOVITCH
Gabrielle HOUBRE
Gilda PIERSANTI


*16-19 NOVEMBRE 2006
COGNAC, Salon des littératures européennes, 19e édition
-Débat le vendredi 17 novembre 17:00 (Auditorium)
Les Mythes dans les romans, revus et corrigés
avec Fabrice LARDREAU, Contretemps, Paris, Flammarion et
Gilda PIERSANTI, Médées, Paris, Le Passage
modérateur: Laure PÊCHER (Les Classiques du Monde)
-samedi 18 novembre 15:30
Café littéraire animé par Catherine Fruchon

*SAMEDI 2 décembre-DIMANCHE 3 décembre 2006
MONTIGNY-les-CORMEILLES, Salon du Polar


*
SAMEDI 1er-DIMANCHE 2 avril 2007
LENS, Salon du roman policier

Un deuil peut rendre muet.
Parfois quelqu'un parle à notre place:

La mort viendra nous mettre au repos, nous enlever des mains la tâche à laquelle nous nous attelions ; mais elle ne peut faire rien d’autre que nous interrompre ainsi, et nous ne pouvons faire rien d’autre que nous laisser interrompre car elle ne peut, en aucun cas, nous cueillir dans une stupide oisiveté.
(Benedetto Croce, Terze pagine sparse, 1955)

27 mai 2006

MES RENDEZ-VOUS AVEC LES LECTEURS:

-SAMEDI 10 juin 2006, 16:30
SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES,
5ème rencontre du Club des lecteurs/Les Médiathèques
Médiathèque Jean Rousselot de Guyancourt
12 place Pierre Bérégovoy, 78280 Guyancourt
Renseignements et réservation au 01 39300850

LE POLAR MEDITERRANEEN: Véritable Ecole ou Meurtres au Soleil? avec
Maurice Gouiran, Gilda Piersanti, auteurs de romans policiers et Anne-Charlotte Sangam, auteure d’une étude sur Jean-Claude Izzo et Manuel Vasquez Montalban

Cédric Bru, modérateur (www.lesobsedestextuels.com)

-16-18 JUIN 2006
METZ, L'Eté du Livre, 19e édition (www.etedulivre.com)

-16-19 NOVEMBRE 2006
COGNAC, Salon des littératures européennes, 19e édition (www.litterature-europeenne.com)

23 mai 2006

Jeudi dernier, 18 mai, j’ai vu aux Trois Luxembourg le très émouvant film de

Nurith Aviv, MISAFA LESAFA («D’une langue à l’autre»)

suivi du très émouvant témoignage de Aldo Naouri, qui ouvrait le débat.

Neuf personnes, poètes, écrivains, artistes, rendaient compte de leur condition
d’«entre-deux-langues» : l’hébreu, qu’ils avaient appris, et leur langue maternelle.

Cette condition, qui n’est pas nécessairement déchirante, est souvent «déviante» dans le sens étymologique du mot : «qui fait sortir de la voie».

Cette force «déviante» de la langue non-maternelle, je la tiens pour foncièrement créatrice car elle nous restitue la langue comme «quelque chose qui ne va pas de soi».
Je vois dans cette condition les prémisses mêmes de l’acte littéraire.

On me demande souvent, ainsi qu’il doit arriver à tous ceux qui «pratiquent» dans deux, voire plusieurs langues :

«Dans quelle langue rêvez-vous ?».

J’ai envie de répondre :

«Dans la langue des rêves.»

http://nurithaviv.free.fr/


04 mai 2006

Dans la quatrième de couverture du livre de Peter Handke, Le Chinois de la douleur, je lis :
«Le livre montre cela : la vie, les choses après la révélation de l’imperceptible différence.»
A l’intérieur du livre, je trouve des lignes soulignées, traces d’une lecture ancienne :

Peut-être est-ce cela qui a conduit à la séparation ? Souvent, mon problème, c’est de ne pas arriver à poser des questions. Or, je ne suis fait que de questions.

(Peter Handke, Der Chinese des Schmerzes, Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1983, éd. fr. Le Chinois de la douleur, Gallimard, 1986, p. 24)

La Comédie française a décidé de retirer la pièce de P. Handke, Voyage au pays sonore ou l’Art de la question de sa programmation 2006-2007 car l’écrivain s’est rendu aux obsèques de Slobodan Milosevic.
Le prix Nobel de littérature, Elfriede Jelinek a déclaré :

Je suis horrifiée que la Comédie-Française fonctionne aujourd’hui comme une autorité de censure et retire de son programme une pièce de Peter Handke pour ôter à l’écrivain, à cause de ses positions proserbes, toute « visibilité publique ». (…) Quiconque empêche un artiste d’exercer son métier (et de présenter ses œuvres au public) commet un crime non seulement contre ce poète mais contre le public tout entier. Un procédé de ce genre est le moins approprié qui soit pour rendre justice aux victimes du régime de Milosevic.

http://www.liberation.com/page.php?Article=379103

Peter Handke : "J'écris pour ouvrir le regard"
LE MONDE DES LIVRES | 04.05.06

© Le Monde.fr

Une phrase lumineuse de Rosa Luxemburg me revient :

La liberté de penser est avant tout la liberté de ceux qui ne pensent pas comme nous.


02 mai 2006

Dans sa préface au Docteur Jivago, Eugenio Montale écrit qu’il s’agit d’ :

Un poème dans lequel les personnages refusent le relief du grand roman naturaliste pour se montrer tels qu’ils sont : des feuilles mortes emportées dans le tourbillon par le souffle d’une grande tempête.

(Boris Pasternak, Il Dottor Zivago, Torino, Einaudi, 1967, p. VIII)

28 avril 2006

Je partage avec l’écrivain italien Sandro Veronesi un certain goût pour RADIOHEAD (www.radiohead.com, www.nepasavaler.net) et un goût certain pour PASOLINI.

Je suis tombée sur son roman, La Forza del passato, qu’un ami de lycée (je garde de solides liens d’affection avec deux poignées d’amis de lycée) m’avait offert, il y a quelques années.

J’ai commencé à le feuilleter, j’ai parcouru des lignes, des pages, finalement j’ai tout relu.

C'est un tissu de tendresse et d’humour, mais délicatement modeste:

J’étais encore en train de recharger mon destin –car, après tout, c’est de cela qu’il s’agissait- que déjà je recommençais aussi à le vivre, et à y penser, comme Pinocchio qui commence à s’enfuir avant même d’être terminé.

(Sandro Veronesi, La Forza del passato, 2000 ; éd. fr. La Force du passé, Plon, 2002)

26 avril 2006

Je reviens parfois sur certains passages, dans certains livres, plusieurs fois par an :

O combien fondamental pour nous de se mettre en scène dans le futur, avec des mots.

Sans jamais douter qu’on vivra assez longtemps pour les prononcer.

Sans jamais douter qu’on racontera notre histoire.

(Joyce Carol Oates, Black Water, 1992; éd. fr. Reflets en eau trouble, Actes Sud, 1993, p. 83)

11 avril 2006

J'ai vu ADRIANA MATER
(opéra en deux actes et sept tableaux de Kaija Saariaho, direction Esa-Pekka Salonen, mise en scène Peter Sellars).
La compositrice déclare :

Quand j'attendais mon premier enfant, un détail m'avait particulièrement émue. Au cours d'une échographie, le médecin m'avait dit, en me montrant sur l'écran un point lumineux qui clignotait rapidement: c'est le coeur de votre bébé. L'idée qu'il il y ait deux coeurs en moi, avec chacun son rythme propre, m'avait frappée. Je me suis souvenue de cette suggestion de polyphonie rythmique...

(Télérama, 29 mars 2006)

Je pense à mes deux Médées...


Décevante "Adriana Mater"
LE MONDE | 05.04.06

© Le Monde.fr



10 mars 2006

J'ai plusieurs devises, la dernière en date:

Je mérite toujours les traitements les plus doux, car je ne peux pas supporter les autres.

(Jane Austen, Emma)

28 février 2006

MES RENDEZ-VOUS AVEC LES LECTEURS :

-MERCREDI 8 MARS 2006 à 14 heures
PARIS, Fréquence protestante 100.7 FM , émission "Dans le vent" (sur Médées)

-SAMEDI 18 MARS 2006 à 15 heures
PARIS, Salon du Livre, Porte de Versailles, Hall 1

-MERCREDI 22 MARS 2006 à 20 heures
PARIS, rencontre littéraire organisée par
LES OBSEDES TEXTUELS (www.lesobsedestextuels.com)
sur le thème "Actualité du polar: du thriller au roman noir"
Hôtel LENOX Montparnasse, 15 rue Delambre 75014

-SAMEDI 25 MARS 2006 à 15 heures
SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES, Montigny-le-Bretonneux,
Librairie LE PAVE' DU CANAL (www.pave.fr),
signature de Médées

-SAMEDI 8 et DIMANCHE 9 AVRIL 2006
LENS, Salon du Livre policier

08 février 2006















La Librairie LES CAHIERS DE COLETTE et

Les Editions LE PASSAGE
vous invitent, en présence de
Aldo NAOURI,

à la présentation de mon dernier roman:

MEDEES
le mardi 21 février 2006 à 18 heures

Librairie Les Cahiers de Colette
23, rue Rambuteau - 75004 Paris
01 42 72 95 06 - M° Rambuteau

10 janvier 2006

Mardi 10 janvier 2006

MA VISION DU FOOT

Vendredi dernier j’ai rencontré un journaliste de la revue So Foot, qui m’a posé cette question : « Quelle est votre vision du foot » ?
J’avoue que j’étais un peu paniquée : lors de l’écriture de Vert Palatino, j’avais eu un merveilleux consultant en ce domaine, un ami de lycée, supporter passionné (ce qui est probablement une tautologie), qui m’avait renseignée sur les arcanes, les rituels et les sophistications d’un jeu que certains, anxieux de distinction sociale, continuent à considérer de haut. Après discussion par mails interposés avec mon copain de lycée, romanista de cœur et d’esprit, j’ai été amenée à réfléchir à la différente manière d’appréhender le foot en Italie et en France.
A vrai dire, je n’ai pas une vision du foot, j’ai plutôt un regard. Et mon regard, comme tout regard, est aussi fait de distance, quoique cette distance ne se colore jamais de mépris, au contraire : ce serait plutôt une fascination pour cette passion du foot que je n’ai pas et que j’ai toujours crue, depuis mon enfance, être le propre des hommes.
Le jeu, les règles, les mouvements, l’entente, les adversaires : c’est un peu comme la guerre et ses batailles, mais heureusement sans le sang ! D’où cette fascination…

En Italie, le foot ne connaît pas vraiment la différence de classe, c’est un engouement qui traverse toute la société, un miracle qui réunit dans le même lieu, dans une identique attente, la bourgeoisie et le peuple, les intellectuels et les commerçants : c’est le même langage, la même intelligence…
On pourrait même dire qu’en Italie le foot s’inscrit profondément dans l’histoire, dans cet esprit des communes et du « particulare » dont parle Guicciardini. C’est une caractéristique du foot italien, une conséquence du fait que l’Italie n’est pas une nation à la manière dont la France est une nation…

L’esprit du tifo trouve son meilleur exemple dans les villes qui ont deux équipes : à Rome, par exemple, avec l’AS Roma et la Lazio, mais aussi à Milan, à Turin, à Gênes… Probablement l’équipe qui porte le nom de la ville représente le côté plus populaire, tendanciellement plutôt à gauche, des tifosi : d’un côté l’AS Roma, Milan, Turin, Genoa, de l’autre côté Lazio, Inter, Juventus, Sampdoria…
Même si les migrations, la globalisation, les télés, et Berlusconi bien sûr ont fortement entamé ce schéma.
En Italie on aime que l’adversaire soit aussi notre voisin, celui qui nous est proche ; pour un romanista, par exemple, c’est forcément un laziale, pour quelqu’un qui habite Livourne c’est celui qui habite Pise, pour quelqu’un de Brescia celui qui vit à Bergame, pour un Siennois le Florentin… Le modèle étant cette rivalité bien connue qui anime les contrade de Sienne pendant le Palio.
Même si la tradition campanilistica (de clocher) est à la base d’une rivalité foncière qui remonte à l’époque de communes (et la lecture de la Divine Comédie nous en donne des exemples littéraires sublimes), il existe aussi, probablement, une raison plus « moderne », dans un sens plus perverse : celle d’une jouissance après la victoire d’autant plus profonde que l’objet de la raillerie du gagnant est notre adversaire proche, voire très proche : celui que l’on rencontre au café, au bureau, dans notre immeuble, le jour même de la défaite de son équipe ou le lendemain…
Un tifoso a régulièrement besoin de derbies : le derby, c’est l’heure d’une gloire possible, le rayon vert, l’extase de battre son voisin.
Il y a plusieurs manières de devenir tifosi en Italie, et l’initiation est généralement familiale : à l’instar de Hornby, il y a souvent un père ou un frère ou un oncle, bref un adulte aimé et respecté qui vous initie à la passion du foot et vous transmet le virus. Cela commence d’ailleurs à l’école élémentaire, et il est notoire qu’on reste fidèle à son équipe toute la vie : c’est même la seule monogamie qui résiste !

Mon copain de lycée, un type très sérieux, un intellectuel qui n’a jamais manqué un derby de l’AS Roma depuis l’âge de dix ans, finit toujours par vous demander, si vous lui parler de quelqu’un que vous aimez bien, ami ou petit ami : « De quelle équipe est-il supporter ? »
Peu importe l’équipe, si vous lui répondez qu’il est supporter, il se déride immédiatement ; mais si vous lui dites que le foot n’intéresse pas votre ami, il vous met en garde, il va jusqu’à insinuer que votre ami a eu des problèmes à établir des contacts avec les autres, qu’il n’a dû jamais ressentir l’urgence d’assimiler une grammaire commune des sentiments, qu’il ne s’est pas laissé séduire par les passions de l’enfance, qu’il y a résisté. Et surtout, finit-il toujours par vous demander, ne possédant pas un récipient de passion gratuite et non rationnelle, où gardera-t-il, votre ami, son irrationalité, si dans sa vie il n’y a pas des canaux où la déverser ?

Lorsqu’ on est tifoso, on n’est pas forcément juste, ni « sportif » : celui qui doit être sportif, c’est celui qui pratique le sport, celui qui joue sur le terrain, et non celui qui regarde son équipe avec l’angoisse du résultat. Le vrai tifoso revendique le droit de jouir –pas toujours, mais nécessairement pendant les derbies- d’une victoire volée, même grâce à un auto-gol, même avec un penalty injuste, car il affirme savoir à quel point les circonstances adverses feront enrager l’autre, son adversaire tout proche…
Au stade, dans l’exultation d’un goal décisif, on embrasse son voisin, le compagnon inconnu, et c’est bien le seul lieu où cela semble possible car il est difficile d’imaginer, par exemple, qu’on puisse se lever et s’embrasser entre inconnus, au cinéma, suite à la joie déclenchée par la beauté d’un plan-séquence.
Il est vrai que tout cela est en train de changer : on regarde de plus en plus les matchs à la télé, crispés de commentaires assourdissants ; au stade dominent trop souvent ces bandes de voyous, généralement fascistes, dont l’unique but est l’affrontement avec des bandes rivales ou avec la police et des bandes rivales.

En France, dans le milieu intellectuel que j’ai fréquenté et que je fréquente encore, le foot est souvent regardé avec un mépris à peine caché ; j’en connais quelques-uns qui n’ont même pas ouvert Vert Palatino justement parce qu’il y est question de foot !
J’avoue ressentir une antipathie foncière pour tous ceux qui méprisent les passions qu’ils n’ont pas ; par pur esprit de contradiction, j’ai souvent affiché d’aimer le foot, alors que je m’y connais si peu et si mal…
Mais je n’ai jamais pensé que c’était une passion de série B, bien que je n’aie rien contre les séries B ni contre les genres mineurs en général, la preuve… J’écris des polars en revendiquant la qualité littéraire du genre !
Et puis Baudelaire m’a initiée assez tôt à l’amour pour les genres mineurs, pour les petits maître, pour cette vaste toile où se mêlent tous les fils : les plus précieux comme les plus modestes, et qui font l’histoire de la littérature, de l’art, du cinéma, et du Calcio

07 novembre 2005

6 novembre 2005
J'ai vu le film de Haneke, "Caché".
Une vie ordinaire, presque immobile comme le cadrage de la caméra qui nous met d'emblée mal à l'aise en nous plongeant dans le doute: où sommes-nous? Dans l'histoire ou dans les yeux des personnages en train de regarder leur histoire? L'image sur l'écran est celle du récit ou bien celle que sont en train de regarder les personnages du récit?
Le doute sera dilué tout le long du film comme une goutte de poison dans une boisson au goût familier.
Il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, et le secret d'enfance, très tôt suggéré, ne semble pas être l'objet réel du récit, ni la cause profonde de tous les mensonges dont se révèle tissée cette vie de famille, apparemment lisse et tranquille. C'est comme si tout se passait bien jusqu'à l'intrusion de cet oeil qui met les protagonistes face à leur propre vie. Comme si de nous regarder vivre ne pouvait que nous faire glisser sur ce terrain hautement inconfortable et miné d'où surgissent toutes les interrogations. Ces interrogations qui en appellent forcément à notre passé, à ce que de notre passé nous partageons dans le couple, à ce que de nous-meme nous confions à nos enfants.
Il n'y a pas de réponse, à la fin du film, quant au vrai responsable de tout le malheur qui s'installe par la simple faute des images dans une vie tranquillement bourgeoise et intellectuelle, mais le long plan final semble suggérer subrepticement que l'ennemi est plus souvent dedans que dehors.